Les quatre grandes fourchettes

Un site internet n'est pas un produit standard. Le prix dépend d'abord de ce que le site doit faire, pas du nombre de pages.

De 0 à 200 euros : les plateformes en libre-service

Wix, Squarespace ou Shopify vous vendent un abonnement entre 15 et 40 euros par mois. Vous construisez le site vous-même. Le coût réel, c'est votre temps : comptez 20 à 40 heures pour un résultat correct, le double si vous découvrez l'outil.

Cette solution convient si vous testez une activité et que le site n'est pas votre canal d'acquisition principal.

De 350 à 900 euros : le site vitrine sur mesure

Un indépendant conçoit et développe votre site. Vous obtenez un design qui vous ressemble, des textes écrits pour votre activité et des pages rapides.

C'est la fourchette la plus adaptée à un artisan, un commerçant ou un prestataire qui veut être trouvé et contacté.

De 1 500 à 6 000 euros : le site avec fonctionnalités

Dès qu'il faut vendre en ligne, gérer des réservations ou connecter un logiciel de caisse, le travail change de nature. On ne construit plus une vitrine, on construit un outil.

Au-delà de 10 000 euros : l'application métier

Une plateforme avec comptes utilisateurs, paiements et logique métier propre. Le prix se compte en semaines de développement.

Ce qui fait vraiment varier un devis

À type de site égal, trois éléments expliquent l'essentiel des écarts.

La rédaction des textes

C'est le poste le plus sous-estimé. Beaucoup de devis l'excluent : on vous livre une coquille et vous devez remplir. Résultat, le site reste en attente pendant des mois. Vérifiez toujours si la rédaction est comprise.

Le référencement de départ

Un site peut être magnifique et invisible. Les bases techniques (structure des titres, vitesse, balises, plan du site) doivent être posées dès la construction. Les rajouter ensuite coûte plus cher.

Le sur-mesure contre le modèle

Un thème acheté 60 euros et habillé à vos couleurs, ce n'est pas un site écrit pour vous. Le premier est plus rapide à livrer, mais il embarque du code inutile qui ralentit les pages.

Les coûts que personne n'annonce

Le devis n'est pas le coût total. Trois postes reviennent chaque année.

  • Le nom de domaine : 10 à 15 euros par an. Achetez-le vous-même, à votre nom. C'est le seul moyen d'en rester propriétaire.
  • L'hébergement : de 0 à 200 euros par an. Un site vitrine statique peut être hébergé gratuitement.
  • La maintenance : 30 à 80 euros par mois. Facultatif si vous êtes autonome.

Comment lire un devis

Avant de signer, vérifiez cinq points :

  1. La rédaction des textes est-elle comprise ?
  2. Combien de séries de corrections sont prévues ?
  3. Le nom de domaine sera-t-il à votre nom ?
  4. Que se passe-t-il si vous changez de prestataire dans deux ans ?
  5. Une formation est-elle prévue pour vous rendre autonome ?

Un devis qui répond clairement à ces cinq questions vaut mieux qu'un devis moins cher qui les élude.

Trois devis reels, decortiques

Les fourchettes restent abstraites tant qu'on ne voit pas ce qu'elles recouvrent. Voici trois cas rencontres, avec le detail de ce qui a ete facture.

Un plombier, site une page, 350 euros

Besoin : exister sur Google, afficher la zone d'intervention et le numero. Livrable : une page unique avec presentation, prestations, zone couverte, formulaire de contact et fiche Google Business creee. Deux semaines de delai. Le client a fourni ses photos de chantier.

Ce qui n'etait pas compris : la maintenance, les photos professionnelles, le nom de domaine.

Un traiteur, site vitrine complet, 890 euros

Besoin : montrer les plats, recevoir des demandes de devis pour les receptions. Livrable : six pages, redaction integrale, carte mise en page, formulaire de devis, photographie plein ecran, referencement de base. Trois semaines et demie.

Le poste le plus lourd n'a pas ete le developpement mais la redaction et la mise en scene des plats.

Une plateforme de reservation, 4 200 euros

Besoin : permettre a des independants de gerer leur agenda et d'encaisser en ligne. Livrable : site public, espace client, agenda synchronise, paiement, facturation automatique. Neuf semaines.

Ici, le prix reflete le temps de developpement, pas le nombre de pages.

Les cinq erreurs qui coutent le plus cher

Choisir le devis le moins cher sans lire ce qu'il contient

Un devis a 400 euros sans redaction, sans referencement et sans formation vous coutera plus cher qu'un devis a 800 euros qui comprend tout. Vous paierez la difference en temps, ou en second prestataire.

Ne pas verifier qui possede le nom de domaine

C'est le piege le plus courant. Si le domaine est au nom du prestataire, vous ne pouvez pas partir sans repartir de zero : nouvelle adresse, referencement perdu, emails a refaire. Exigez qu'il soit a votre nom des le depart.

Accepter un nombre de corrections illimite

Cela parait avantageux, mais un projet sans limite de retours ne se termine jamais. Deux series de corrections bien cadrees valent mieux qu'une promesse floue.

Oublier le budget photo

Un site se juge d'abord sur ses images. Si vous n'avez que des photos prises au telephone en contre-jour, prevoyez soit un shooting, soit un budget banque d'images. C'est souvent ce qui separe un site correct d'un site convaincant.

Payer la totalite avant la livraison

L'usage est un acompte de 30 a 40 pour cent a la signature, le solde a la mise en ligne. Un prestataire qui demande tout d'avance devrait vous alerter.

Comment savoir si le prix est justifie

Posez une question simple au prestataire : combien d'heures estimez-vous pour ce projet ? Divisez le devis par ce nombre. En France, un independant du web facture entre 40 et 80 euros de l'heure. En dessous de 25, mefiez-vous de ce qui sera reellement livre. Au-dessus de 100, demandez ce qui justifie l'ecart.

Cette question a un autre merite : un prestataire qui ne sait pas estimer son temps ne sait pas non plus tenir un delai.